
Mes Jeunes années à Orthez
Résumé de la Conférence sur Francis Jammes intitulée « Mes Jeunes années à Orthez »
par le Dr. Maurice Labat.
Je voudrais tout d’abord avant d’attaquer le sujet adresser trois remerciements :
— le premier va à Michel HAURIE car sans lui nous ne serions pas là ; pendant près de 25 ans il a animé et amené l’Association Francis JAMMES à ce qu’elle est aujourd’hui.
— le second à Christian DARNAUDAT qui m’a bien aide dans l’élaboration du diaporama qui va suivre : j’aurais été bien incapable de le constituer seul.
— l’autre est plus mitigé à René DESCAZEAUX qui de par ses fonctions antérieures et son autorité a donné à un élève qui n’a jamais brillé en littérature le sujet que je vais vous exposer et qui pour moi n’était pas un cadeau ; je demande donc votre indulgence .
[L’auteur à certains moments se met à la place de Jammes]
J’ai 20 ans et le décès de mon père m’entraîne,ma mère et ma sœur à nous installer à Orthez, petite ville de 6500 habitants .Déprimé,l’avenir n’est pas rose mais je vais faire face aidé en cela par des amis de mon père, et un Cercle, lieu de rencontre des notables, et surtout la venue dans cette ville d’un jeune Anglais Hubert Crackanthorpe, féru comme moi de poésie qui a couru le monde ; qui a une admiration profonde pour mes poèmes ; il me demande l’autorisation d’ en emporter un certain nombre 21 pour être précis, pour les présenter dans des cercles à Paris . Son amitié avec Mallarmé lui permet de présenter à ce dernier MES VERS, et c’est tout de suite un enchantement pour ce dernier et dans la foulée H de Régnier en publie certains dans le Mercure de France .André Gide propose des fonds nécessaires a la publication de la plaquette : UN JOUR.
C’est le début de la reconnaissance du poète dont on a pu voir le minutieux travail et les corrections apportées à toute page sans hésiter à multiplier les épreuves pour une perfection de présentation en tout point remarquable et déterminant dans l’ascension littéraire.
« Mon style balbutie, mais j’ai dit la vérité …mon cœur parle comme un enfant… »
Mais l’existence ne peut avoir lieu sans des amitiés sincères et profondes et outre
les amis disons bordelais, Francis Lacoste et Veillet-
Le conférencier dévoile trois lettres inédites la premiere est adressée à VAN DE PUTTE poète belge qui diffusa les écrits de Jammes en son pays, Paul LÉAUTAUD auteur d’une anthologie, passionné par Stendhal, Paul FORT qui créa la revue : « Vers et prose » et très lié à P VERLAINE, MALLARMÉ, Pierre LOUYS, André GIDE.
Raymond BONHEUR qui mit en musique « Un Jour ».
Albert SAMAIN qui vint à Orthez avec le précédent et rapporte la réception affectueuse et la joie de la mère du poète de les recevoir.
Charles GUÉRIN dont la poésie se rapprochait de celle de Jammes.
Le seul moyen de rencontre restait la correspondance et l’on sait que Jammes passait des heures à écrire et répondre aux nombreuses lettres reçues.
Outre le bouleversement industriel de l’époque et l’apparition de l’automobile en
particulier il se crée un développement des courants de pensée avec la multiplication
des cénacles .La poésie est dominée au départ par le Parnasse et un nombre croissant
d’écoles dont l’école Naturiste. Peut-
Durant cette période la sensibilité de JAMMES fut mise à l’épreuve comme en témoignent successivement :
MAMORE
Je te salue toi sauvagesse…
SIMONE
Toi dont les mains continrent mon cœur …
SYLVIE
Défleuris, en soupirant cette bruyère..
CLITIE
Ne laisse point s’enfuir l’amour volage, nous nous posséderons, toi sur mes genoux de faune, ta bouche dans la mienne…
LUCIE
Quelle grâce il y a dans la Lucie…
Et dans l’Angélus …Je m’embête ; cueillez moi des jeunes filles…
Les petites filles et les femmes m’ont toujours taquiné jusqu'à un age avancé…
CLARA
J’aime dans le temps Clara d’Ellébeuse…
Viens, viens,ma chère Clara d’Ellébeuse
Aimons-
Le vieux jardin a de vieilles tulipes
Viens toute nue, o Clara d’Ellébeuse
Almaïde d’Etremont, la passionnée, se libère en écoutant les justes conseils de sa sensualité
« Tu sera nue dans le salon aux vielles choses,fine comme un fuseau de roseau de lumière… »
Et JAMMES ne disait-
Les années passent et une Prière écrite en 1898 « Pour avoir une femme simple » témoigne de l’idée qu’il se fait de la vie future. Durant toute cette période Jammes s’est fait un challenge en composant de nombreuses poésies pour effacer les mauvaises années du lycée bordelais ; il publie son manifeste : il n’y a qu’une école celle où les poètes copient un joli oiseau, une fleur ou une jeune fille aux jambes charmantes et aux seins gracieux…
Il rencontre en 1907 Ginette Goedorp jeune fille « selon Dieu » et qu’il épouse après l’avoir écrit à son ami Teodor de Wysewa.
FRANCIS JAMMES avait 39 ans.
Maurice LABAT